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La préservation et la revivification des traditions et coutumes nationales est l’une des questions les plus importantes de toute nation et de tout État. La République de Touva ne fait pas exception à la règle. Les Touvains sont l’un des seuls peuples ayant réussi à préserver leurs traditions et coutumes à ce jour, malgré divers facteurs extérieurs. Les traditions populairesde Touva – l’une des composantes du patrimoine culturel du peuple Touvain. Aux traditions nationales se rapportent les fêtes, les rites, les coutumes, les jeux.

Essayons ensemble de nous plonger dans l’atmosphère de Touva – de nous intéresser à quelles coutumes et traditions prédominent chez les habitants de Touva et combien elles sont respectées par le peuple aujourd’hui.

Les traditions, sans lesquelles il est impossible de s’imaginer Touva – ce sont le chant de gorge « Khöömei » connu à travers le monde entier à travers la « marque » Touva, la lutte nationale « Khuresh » et la gravure sur pierre (agalmatolithe).

La vénération des ancêtres et du foyer familial font partie des croyances traditionnelles les habitants de Touva. Le culte du feu est depuis toujours, universel et fait partie de la vie tous les jours. Cela se manifeste dans les rites funéraires par la combustion du lieu d’inhumation; à la maison – le fait d’alimenter et de vénérer le feu. Jusqu’à aujourd’hui, existent des interdits superstitieux concernant la propreté foyer. A Touva, le culte du foyer familial est considéré comme étant du ressort des femmes. Le feu lui-même est personnifiée sous une forme féminine «Ot-Ine» chez les Touvains. Il s’agit probablement d’une relique de l’ordre matriarcal. Les habitants de Touva enfumaient leur habitation par artych (le genièvre) pour l’expulsion des mauvais esprits.

Anciennement, les habitants de Touva avaient une coutume bienfaisante – inviter chez eux, dans la yourte la personne passant devant chez soi (le campement des bergers), l’inviter à se reposer du chemin, en offrant leur boisson la plus respectée – du thé chaud avec du lait et d’autres mets. Les gens disaient: «essayer la nourriture blanche – goûter un peu du bol». C’était une manière d’exprimer la bienfaisance de l’hôte envers le visiteur, à qui on apporte des « produits laitiers » – «ak-chem», comme c’est la coutume chez plusieurs peuples asiatiques. Et après la tasse de thé chaud ils avaient l’habitude de s’interroger mutuellement sur la vie quotidienne, la santé, la famille, ainsi qu’échanger des nouvelles.

Une autre ancienne coutume était le respect et la consécration des buissons et des arbres. Dans la conscience traditionnelle l’arbre symbolise la défense de tous les êtres vivants. Les habitants de Touva pensent que les esprits des arbres aux formes tortueuses sont les esprits-protecteurs des voyageurs solitaires ou les esprits-supports des chamans. Il est nécessaire de noter que pour les habitants de Touva respectent particulièrement le mélèze.

Les habitants de Touva respectent des esprits-maîtres de certains objets naturels – les montagnes, les lacs, les rivières, la taïga. La vénération des esprits locaux prend en compte le fait qu’ils possèdent un caractère familial et patrimonial. Une ancienne coutume, encore active de nos jours à certains endroits, reflète la propriété patrimoniale de diverses terres (le territoire de campement et le pâturage, les terrains de chasse). Les montagnes sacrées étaient respectées par les habitants de Touva comme des ancêtres. Les hommes leur consacraient leurs prières annuelles collectives, en les accompagnant par l’adoration et le ravitaillement de l’esprit-maître. Jusqu’à aujourd’hui certains habitants de Touva font des prières collectives aux esprits de la montagne et des fleuves, considérés être des esprits-protecteurs. Les Touvains n’ont pas de nom spécifique pour cette coutume, mais une interdiction similaire a eu lieu.

Les Touvains avaient aussi des normes et coutumes communautaires pour ce qui concerne la chasse. Ces cultes chez le Touvains sont des rituels complexes ayant pour but d’assurer le succès de la chasse. Les chasseurs effectuent eux-mêmes ces rites pendant et après la chasse. Le rôle dominant dans les cultes populaires des Touvains est la vénération et le respect total du maître de la nature, de la taïga et des animaux. La représentation traditionnelle du maître de tous les animaux est l’esprit d’accueil de la taïga «eezi taïga», dont dépend la chance à la chasse. La croyance était que les esprits fourniront au chasseur du gibier, seulement s’il leur manifeste le respect et la vénération nécessaires, conformément aux exigences de la chasse. En cas de violation et de conduite insubordonnée, les esprits punissent le chasseur, ne lui donnant pas de proies. Les chasseurs divisaient la nourriture obtenue en parties égales entre eux-mêmes, indépendamment de la quantité et de la qualité des bêtes obtenues par chacun.

Ensuite, les Touvains avaient pour coutume de partager la viande avec les habitants d’une même localité. Si quelqu’un dans le village abattait une vache, l’ancienne coutume dictait que chaque habitant du village devait obtenir au moins un morceau de «l’izig-khan» (le boudin cuit, l’intestin grêle). Chaque famille recevait toujours un peu de viande crue pour préparer un déjeuner. Cette habitude est très certainement liée à la coutume suivante: le «dүpteer hap». L’essence de la coutume est que le sac dans lequel des parents ou des voisins amenaient des produits (cadeaux, etc) ne devait pas être retourné vide. Il revenait avec au moins un petit morceau de quelque produit. Aux petits enfants le visiteur amenait des cadeaux et aux gens âgés du tabac ou autre chose – c’était le signe de l’amour des enfants et du respect des aînés.

La coutume qui consistait à nourrir les esprits est liée au fait qu’on leur accordait une nature matérielle, certes moins palpable qu’un corps du monde physique. Les Touvians offrent encore aujourd’hui des rubans de tissu «Chalama» aux esprits propriétaires de certains sites en les attachant à des piques «ovaa» ou des arbres rituels. Ils choisissaient la montagne tout près des campements d’été, car la prière était dite habituellement en août ou au début de septembre.

Les esprits-maîtres des sources médicinales «arzhaan» jouissaient du respect particulier des Touvians, à la différence des khakasses et le rétablissement était perçu comme le don de l’esprit-maître de la source.

A Touva sont présentes deux religions: le bouddhisme et le chamanisme. Le chamanisme était connu des Touvains depuis toujours. Le bouddhisme, sous la forme d’un lamaïsme mongol -tibétain est venu à Touva au XVIIe siècle. Les chamans et les lamas bouddhistes s’entendaient très bien. Beaucoup des festivals des Touvains combinent les caractéristiques de ces deux traditions religieuses. Cette cérémonie, rassemblant souvent des centaines de personnes implique une structure au-dessus de la montagne «ovaa» – unecabane de branches et de pierres autour de laquelle on fait tourner trois fois un animal sacrificiel. Avant la cérémonie il était nécessaire de consacrer l’endroit, afin de le « nettoyer » des esprits malins. Cela était fait par le chaman, ou la lama et souvent par les deux en même temps. En même temps, les ministres des différents cultes se réunissaient dans une tente, et exécutaient chacun leurs actions rituelles, s’adressant au « maître des montagnes » avec la même demande – donner la prospérité aux gens ayant participé à la célébration.

Le patrimoine historique et culturel du peuple Touva a des caractéristiques spéciales. La désagrégation de l’Union Soviétique a à son tour contribué à l’augmentation de la conscience nationale. Aujourd’hui, grâce aux efforts des intellectuels locaux, plusieurs coutumes et rites ont été ramenés à la vie. On peut dire que les Touvains ont réussi à garder leurs croyances traditionnelles, qui sans nul doute se perpétueront et évolueront.

Si vous avez décidé de visiter Touva, de faire connaissance avec la culture de Touva, de vous sentir comme habitant de Touva ne serait – ce qu’un instant, alors nous vous recommandons absolument de visiter une des coutumes énumérées ci-dessus !