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Depuis les temps anciens, sur les rives de l’Ienisseï on peut entendre les sons d’un tambourin venant du rite mystérieux d’un chaman au milieu de la nuit, qui s’adresse aux maitres-esprits de cet endroit, leur demandant de l’aide pour se transférer vers d’autres mondes afin de retrouver les âmes perdus, apporter la pluie, guérir les maladies ou donner la vie. Il chante, danse, tout en chancelant comme un ours pataud, puis d’un coup, s’envole plus leger qu’une plume, montant vers le ciel tel un oiseau. Ses yeux sont fermés, mais on dirait qu’il voit tout, maintenant il souris et remercie ses assistants…

Dans le calme des monastères bouddhistes les moines supérieurs – les lamas et leurs élèves – les Khuurak lisent leurs mantras sacrés, prient pour le bien-être et le bonheur de tous les êtres vivants, méditent et font des offrandes aux divinités. En même temps, sur les rives de l’Ienisseï avec les gardiens de la vieille croyance – les fidèles peuvent vivre leur vie tranquillement.

Le shamanisme et le bouddhisme coexistent pacifiquement et se complètent les uns les autres de façon mystérieuse, attirant touristes et voyageurs de tous les coins du monde. Les représentants d’un autre phénomène – une communauté religieuse qui s’en tient aux très anciens rites – y vivent également. Ce sont les enfants de la Taïga dont les chansons sont entendues sur les rives de l’Ienisseï depuis le XVIIéme siècle. A Touva il existe également pour la population russe de la province toutes les conditions pour le développement de la foi orthodoxe.

Shamanisme

Le shamanisme est la plus ancienne croyance traditionnelle des touvains fortement liée à leur mode de vie, leur vision et compréhension du monde qui est basé sur la grandeur et le respect de l’environnement, de la nature et de ses éléments, qu’ils soient bienveillants ou pas. Et même aujourd’hui, nous pouvons toujours rencontrer de véritables chamans à Touva, en train d’effectuer leurs rituels magiques et mystérieux, capable de lire le passé et de prédire l’avenir. Mystérieux et possédant une énergie particulière, ils sont faciles à trouver dans les associations de shamans de Kyzyl. Les touvains sont toujours respectueux envers les chamans, ils les invitent aux divers rites de consécration d’objets naturels et autres événements associés au cycle de la vie.

Bouddhisme

Apparu dans la région au XVIII siècle, le bouddhisme a sans aucun doute eu un impact sur les anciennes croyances et également sur le shamanisme, en les complétant et les enrichissant d’une manière considérable. Le bouddhisme s’est également octroyé de nombreux éléments du shamanisme. Il y a eu une fusion incroyable entre ces deux visions du monde différentes. Et aujourd’hui, les habitants s’adressent aussi souvent aux chamans qu’aux moines bouddhistes. A Touva nous pouvons autant trouver des associations de shamans que de monastères bouddhistes appelés Khuree, qui furent construits au XVIIIème siècle. La plupart d’entre eux furent détruits durant la période soviétique. Mais à présent ces monastères sont de nouveau rebâtis activement dans diverses parties de la République. Ainsi, il existe l’exemple de la renaissance du monastère « Ustuu-Khuree » dans l’ouest de la république de Touva. Cette construction pris une ampleur gigantesque, connu tout d’abord au niveau de la république puis au niveau national, il prit finalement une dimension international : chaque été le festival de la musique et de la foi vivantes « Ustuu-Khurèè », réunit les représentants de différentes nationalités du monde entier : des musiciens, des pèlerins, des touristes ou encore des voyageurs , tous appartenant à différentes confessions religieuses. Ce festival est la preuve de la tolérance et de l’humanisme régnant à Touva.

Il est connu que dans le monde moderne, les touvains sont le seul peuple turcophone bouddhiste, tout en considérant le shamanisme comme leur religion traditionnelle.